Le 29 septembre 2016

Quelle évolution pour la livraison de repas ?

Le marché de la livraison de repas est en pleine croissance, boosté par l’utilisation massive du smartphone, au point d’être évalué à 2 milliards d’euros pour la France cette année. Un potentiel qui a attiré de nombreuses start ups. Mais l’arrêt, cet été, de l’activité de Take Eat Easy, interroge sur la viabilité de certains modèles économiques.

Alors, marketplace, livraison de repas ou restaurant sans salle ?

La livraison de repas n’est pas vraiment un marché nouveau. Mais l’utilisation généralisée des smartphones lui donne une nouvelle dynamique, grâce à l’apparition d’applications mobiles. Un certain nombre de start ups se sont engouffrées sur ce marché.

Le marché de livraison de repas est-il rentable ?

Plusieurs approches ont vu le jour: celle des marketplaces, telles qu’Allo Resto ou PagesJaunes Resto, qui centralisent et mettent en avant les services de livraison proposés par les restaurants; le Delivery Service, comme le proposent Uber Eats ou Deliveroo, qui permet aux restaurateurs d’étendre leur clientèle en externalisant la livraison; les restaurants sans salle, comme Foodchéri ou Frichti, qui cuisinent et livrent directement leurs clients.

Aujourd’hui, les marketplaces sont les seuls business models à avoir prouvé leur rentabilité, d’après Gilles Raison, le DG d’Allo Resto, filiale de Just Eat, leader du marché des… marketplaces.

Il est vrai que les autres modèles nécessitent un investissement conséquent pour assurer la livraison notamment et les prix attractifs pratiqués pour gagner rapidement des clients ne permettent pas de rentabiliser ce service à court terme. Ce type d’approches engendre des levées de fond importantes, devant permettre de financer les charges d’une part et d’accélérer le CA d’autre part, pour atteindre l’équilibre le plus rapidement possible. Une période de fragilité qui peut durer un bon moment… à condition de trouver les fonds nécessaires.

Autre fragilité: certains modèles s’appuient sur un réseau de livreurs-autoentrepreneurs. Or, très souvent, les start ups de livraison ont des exigences telles que le contrat qui les lie aux travailleurs indépendants ressemble davantage à un contrat de travail qu’à un contrat de sous-traitance.

L’exemple de Take Eat Easy, dont l’aventure a pris fin cet été, illustre parfaitement ces deux points de faiblesse: d’une part, l’entreprise a échoué à rassurer ses investisseurs quant à la pérennité de son modèle et n’a donc pas pu lever les fonds nécessaires à la poursuite de son activité; d’autre part, les livreurs ont dénoncé les contrats les liant à l’entreprise et réclament maintenant leur requalification en contrats de travail…

Le marché se concentre, la concurrence s’intensifie et on peut encore s’attendre à de nouveaux bouleversements dans les mois qui viennent.

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Ecrit par Cécile Kergrohen

Fondatrice et directrice d'Open up food

Diplômée d'Audencia Business School, spécialiste du marketing, de l'innovation et du secteur alimentaire.

Open up food est une agence de conseil en développement et marketing, dédiée aux entreprises de l'alimentaire. Open up food intervient auprès de start-ups, TPE et PME sur la stratégie de développement, la stratégie marketing et l'innovation.

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